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  • Être fidèle à ma Patrie, la République de Pologne

     

  • NOUVELLES

  • 3 février 2018

    Déclaration du Premier ministre de la République de Pologne concernant l’histoire de la Pologne et du rôle du gouvernement polonais dans la transmission de la vérité au sujet de l’Holocauste.

    Chers Compatriotes, Mesdames et Messieurs,

    Notre nation a été marquée par une immense souffrance durant la Seconde Guerre mondiale. Le pays tout entier était sous occupation allemande et soviétique. Dans pratiquement chaque famille, on pleurait la perte de proches.

    La Pologne a été la première victime du IIIe Reich. La mort et la souffrance dans les camps de concentration nazis allemands constituaient le sort commun des Juifs, des Polonais et de beaucoup d’autres nations.

    La Shoah a été un crime inimaginable. Toute tentative de la nier devrait être condamnée avec fermeté.

    Depuis des années, la législation polonaise poursuit tous ceux qui essaient de nier les souffrances qu’ont éprouvées les victimes de la terreur nazie. Des réglementations similaires existent dans de nombreux pays d’Europe et du monde.

     

    Le mensonge sur Auschwitz c’est non seulement la négation des crimes allemands mais aussi toute autre falsification de l’histoire. L’une des pires formes de ce mensonge consiste à diminuer la responsabilité des auteurs réels tout en la rejetant sur les victimes.

    Notre volonté est de combattre ce mensonge, sous toutes ses formes. C’est la raison pour laquelle nous avons proposé une nouvelle législation concernant l’Institut de la mémoire nationale.

     

    Les camps où des millions de Juifs ont été exterminés n’étaient pas polonais. Cette vérité doit être protégée car elle fait partie de la vérité sur la Shoah.

    Notre gouvernement condamne tous les crimes de la Seconde Guerre mondiale perpétrés sur le territoire polonais, indépendamment de la nationalité de leurs auteurs et de l’appartenance nationale de leurs victimes.

     

    Nous n’entraverons jamais la liberté de débat sur la Shoah, nous le devons à tous ceux qui en ont été les victimes.

    Depuis des années, nous ne ménageons pas nos efforts pour être les gardiens de la mémoire au sujet des crimes commis par les totalitarismes – tant sur le territoire de notre pays qu’en dehors de ses frontières.

     

    Le camp KL Mauthausen Gusen a été l’un des nombreux camps de concentration allemands. C’est, à côté du massacre de Katyń, perpétré par les Soviétiques, un autre haut lieu d’extermination massive de l’intelligentsia polonaise. Y ont également péri des Juifs et des représentants d’autres nations.

    Après la guerre, le camp a été rasé et à la place du portail d’entrée une villa a été construite. Néanmoins, grâce à l’engagement polonais, la mémoire sur le passé criminel de Gusen a pu être préservée.

     

    L’État polonais et les Polonais font tout pour que les camps de concentration allemands subsistent en tant que Témoignages du Martyr des Nations – en mémoire des personnes qui y ont été exterminées et comme une mise en garde pour les vivants.

    En luttant contre les affirmations erronées sur la participation de l’État Polonais à la machine criminelle allemande, la Pologne se range du côté de la vérité.

     

    La Shoah a aussi été une inimaginable tragédie polonaise. Parmi les six millions de citoyens polonais qui ont péri durant la Seconde Guerre mondiale, trois millions de personnes étaient issus de la communauté des Juifs polonais. À la Pologne, comme à aucun autre pays d’Europe, incombe donc le devoir d’être une gardienne de la vérité sur les crimes de la Shoah.

    C’est pourquoi nous n’avons de cesse de rappeler au monde la mission de Witold Pilecki à Auschwitz, l’héroïsme de l’organisation Żegota dans le sauvetage de Juifs, l’instauration par l’État Clandestin polonais de lourdes peines envers toute personne qui dénoncerait ou tuerait un Juif. La peine de mort instaurée par l’occupant pour les Polonais cachant des Juifs était la preuve que les nazis allemands savaient que les Polonais allaient aider leurs compatriotes juifs.

     

    C’est le polonais Jan Karski qui a tenté, sans résultat, de réveiller les consciences de l’opinion publique en Occident en l’informant des crimes allemands.

    Nous comprenons les émotions en Israël. Il faudra beaucoup de travail pour que l’on puisse raconter ensemble notre histoire souvent compliquée. La culture des Juifs polonais fait partie intégrante de notre patrimoine polonais.

    Aujourd’hui, quand le monde est confronté au problème de l’antisémitisme, le gouvernement polonais dit haut et fort : il n’y a de place ni pour la haine ni pour la falsification de l’histoire.

     

    Répandre la vérité sur la Shoah n’est pas un devoir réservé à l’État d’Israël. C’est aussi un devoir pour la Pologne. C’est le combat pour la vérité universelle qui est une mise en garde pour le monde entier.

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